
AccueilEntrée SiteBiographieInfos ArtisteAchatCommandeNos bannières |
Les GaleriesHuileFusainEncre de chinePastelSanguineSépiaMixteCéramiqueStar Portrait |
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
Pour découvrir, pour lire ! Un petit clic sur la flèche !
|
De la vie en plus ! De la richesse pour Soi ! |
| Najat Vallaud-Belkacem |
Adjointe
au Maire de Lyon |
La Force du Don
Nous sommes tous des donneurs potentiels, mais aussi probablement des receveurs potentiels. Si je veux avoir la possibilité de recevoir, je dois être prêt à donner. S' il est essentiel de laisser chaque individu libre du devenir de son corps après sa mort, il semble primordial d' encourager chacun à faire preuve de solidarité à l' égard de tous ceux qu' un don d' organes pourra sauver.
Le cadre du don en France est un régime dit de consentement implicite au don d' organes : toute personne est considérée comme consentante au don d' éléments de son corps en vue de greffe si elle n' a pas manifesté d' opposition de son vivant. Pour exprimer cette opposition, il est possible à tout moment de s' inscrire au registre national des refus au prélèvement. Toutefois, quand l' équipe médicale identifie un défunt qui peut être prélevé et qui n' est pas inscrit sur le registre national des refus, elle doit interroger les proches pour vérifier que le défunt n' était pas opposé au don, avant d' envisager tout prélèvement.
La pratique actuelle en matière de don d' organes s' apparente à celle du consentement présumé faible, la famille pouvant s' opposer à la volonté du défunt dans le cas où il aurait voulu être donneur, contrairement au consentement présumé fort, où la famille ne peut s' opposer à cette volonté.
En dépit de ses difficultés d' application, je reste extrêmement attachée au maintien et au renforcement du consentement présumé, qui témoigne d' un véritable choix de notre société en faveur de la greffe. Le don participe d' une forme de contrat social reposant sur la notion de réciprocité. Il doit être une des valeurs de notre société, un devoir de solidarité en faveur de la greffe.
Le protocole de lien avec les familles d' un donneur potentiel décédé doit être ré-exprimé dans le code de la santé,la formulation actuelle pouvant laisser la place à une intervention limitant la portée du consentement présumé.
Il convient de protéger les équipes médicales qui ne doivent pas pouvoir être attaquées en cas de prélèvement sur une personne décédée ne s' étant pas inscrite sur le registre des refus. Les modalités de sollicitation des familles pour recueillir des éléments supplémentaires quand aux intentions de la personne décédée doivent être laissée à leur appréciation en fonction du contexte à chaque fois particulier.
Afin de favoriser la discussion sur le don, une information pourrait être délivrée durant la scolarité, dans le cadre de l'Éducation Nationale, à l' occasion de la délivrance de documents administratifs, de «rendez-vous» citoyens (établissement des documents d' identité, examens universitaires, permis de conduire, élection...), etc.
Cette information devrait non seulement rappeler les faits concernant le don, les conditions dans lesquels il est effectué, mais aussi insister sur le principe du consentement présumé et sur la possibilité de s' opposer au prélèvement.
Il est aussi indispensable de continuer et de développer les greffes à partir de donneur vivant pour les types de greffes présentant des risques très limités pour la survie du donneur, comme le rein. Une personne vivante peut en effet aussi donner certains organes (principalement le rein). Certains souhaiteraient limiter le don à partir de donneur vivant en raison du risque, même très faible, de décès du donneur.
D'
un point de vue éthique,l' argument repose sur le fait que la médecine
intervient sur le donneur non pas pour le soigner, mais pour soigner autrui
au détriment de
l' avenir du donneur. Cependant, le don à partir
du donneur vivant s' effectue au sein de l' entourage proche. Il concerne donc
des personnes directement affectées par les difficultés de santé
du malade : dialyses plusieurs fois par semaine, qualité de vie très
altéré, durée de vie fortement réduite.
Dès lors, le fait d' effectuer une greffe permet non seulement de soigner le malade, mais de soulager son entourage.Le malade peut espérer vivre en moyenne trois fois plus longtemps, mais aussi retrouver une vie normale, ce qui profite aussi à son entourage.
Il convient aussi de rappeler que pour les patients, la greffe rénale à partir d' un donneur vivant présente des avantages très importants : ce sont les greffes qui fonctionnent le mieux et le plus longtemps et celles qui permettent la plus longue espérance de vie pour le receveur. Leurs résultats sont sensiblement meilleurs que ceux des greffes réalisées à partir de donneurs décédés. Il s' agit d' un critère de décision fort pour l' entourage de ces patients : en donnant un rein, un proche lui offre les meilleurs chances possibles.
Le fait de vivre avec un proche malade est en soi une confrontation à une double douleur : pour le malade en premier lieu, mais aussi pour soi. Voir une personne qu' on aime souffrir, subir des traitements lourds, avec la mort pour horizon si aucune greffe n' intervient à temps, est une situation éprouvante.
Le risque éventuel de pressions financières existe en effet, dans tous les cas, y compris au sein même de la famille proche, mais ne doit pas empêcher l' entre-aide.
La notion de neutralité financière du don doit être renforcée et mieux garantie. La prise en charge des donneurs vivants se doit d' être exemplaire et doit couvrir toutes les dépenses inhérentes au don (pertes de salaire, transports, gardes d' enfants, etc.) Et de manière symbolique, chaque donneur vivant pourrait se voir garantir qu'en cas de besoin, une priorité d' accès à la greffe de rein lui sera réservé (pertes de salaire, transports, gardes d' enfants, etc.). S' il est heureusement peu probablequ' une telle situation se présente, cette mesure représenterait un engagement fort de la société, mais aussi une reconnaissance du geste accompli.
Ma vision de la société place la solidarité comme un principe fondateur. C' est sous cet angle qu' il me semble important d' aborder la question du don à partir de donneur vivant : une démarche altruiste, généreuse et solidaire.
|
|
Chaque année, plus de 4 700 greffes d' organes sont réalisées en France, et on estime que près de 40 000 personnes vivent grâce à un organe greffé. Mais ce sont plus de 14 400 malades qui chaque année ont besoin d' une greffe d' organe. Cette technique médicale est de mieux en mieux maîtrisée, avec des résultats en termes de durée et de qualité de vie en constante progression. Les situations dans lesquelles une greffe est recommandée sont de plus en plus nombreuses et diversifiées. Le principal obstacle à la greffe est le manque persistant d' organes disponibles, malgré la hausse des prélèvements.
En France, c' est l' Agence de la biomédecine qui gère la liste nationale des malades en attente de greffe, coordonne les prélèvements d' organes ainsi que la répartition et l' attribution des greffons, garantit que les organes prélevés sont attribués aux malades en attente de greffe dans le respect des critères médicaux et des principes de justice, et assure l' évaluation des activités médicales.
Faisons un rêve ! Don d' organes !
Copyright
Photos Bruno Guillaume Artiste
Peintre
|
Copyright
Textes Zohra Guillaume
Auteur
|