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De la vie en plus ! De la richesse pour Soi !
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Professeur Jean-Louis TOURAINE
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Hôpital Edouard Herriot Lyon
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LE DON D'ORGANES ET DE CELLULES SOUCHES
Depuis le milieu du XXème siècle, les transplantations se sont développées, se heurtant initialement au phénomène de rejet, puis se multipliant dès que les progrès immunologiques et médicaux ont permis le contrôle du rejet. La chirurgie elle-même a également progressé autorisant d'abord les greffes de rein puis de cour, de foie, de poumon, de pancréas, d'intestin grêle, de membre, de visage, etc. Parallèlement, les greffes de cellules souches (moelle osseuse, cellules de foie fotal, cellules de sang du cordon ou de sang périphérique) ont-elles aussi surmonté les divers obstacles et procuré de plus en plus de guérisons.
Les maladies traitées par ces greffes étaient, il y a peu de temps encore, mortelles pour la plupart. Aujourd'hui, tous ces patients se voient offrir de très grandes chances de vie pratiquement normale, avec une espérance de vie proche de celle de la population générale.
Tout cela n'est possible que grâce à cette énorme chaîne de solidarité entre les donneurs et les receveurs. Jamais générosité n'avait été aussi importante, et de façon aussi massive, que dans toute cette population de donneurs qui offrent la vie à des malades en leur procurant un organe ou des cellules à greffer.
Pourtant, malgré cette extraordinaire solidarité, il reste une pénurie d'organes. La plus importante complication des transplantations n'est plus médicale ni chirurgicale, immunologique ni infectieuse, c'est tristement l'absence d'organes à greffer. Un nombre important de malades, qui auraient pu (et auraient dû) être sauvés, meurent, inscrits sur une liste d'attente mais n'ayant jamais reçu la greffe salvatrice. Cette pénurie n'est pas inéluctable. Elle peut être corrigée et chaque malade peut recevoir le traitement qui lui est nécessaire.
Certains greffons (rein, cellules souches de moelle osseuse ou du sang périphérique, etc.) peuvent provenir de donneurs vivants. Il importe que l'information soit plus complètement et précisément fournie à tous les membres des familles concernées. A eux ensuite de choisir et de se prononcer, à l'abri de toute pression.
D'autres greffons sont prélevés sur des sujets décédés. Malheureusement, dans 35 à 40% des cas, des refus familiaux sont essuyés, privant les receveurs d'une chance de guérison. Ces refus sont compréhensibles : lorsqu'on annonce à une famille le décès d'un proche, il est parfois difficile à celle-ci d'avoir la sérénité permettant le prélèvement d'organe. Si le sujet du don d'organes n'a pas été abordé au préalable dans cette famille, un parent pourra douter que la personne décédée y aurait consenti et, dans cette incertitude, opposera un refus. C'est regrettable, c'est parfois regretté, quelques jours plus tard, mais c'est bien ce qui se produit quotidiennement et ce qui prive les patients des 30% de greffons manquants.
Que faire ? N'est-il pas judicieux que ce soit
l'avis de la personne concernée par le prélèvement, lorsqu'elle
était vivante, qui prévale ? D'ailleurs, le taux de refus
s'abaisserait alors à 10 ou 15% car nous sommes moins réticents,
s'agissant de notre propre corps après notre décès, que nous ne
le sommes pour le corps de nos proches. Comment, donc, connaître
l'avis individuel, personnel de chacun, de son vivant, pour le
respecter après sa mort ? Il existe un registre des refus où les
opposants peuvent se faire aisément inscrire. Il suffirait dès lors
de faire connaître cette possibilité à tous nos concitoyens puis,
lorsqu'un décès survient chez une personne dûment informée et
n'ayant pas exprimé son refus sur le registre, de considérer
qu'il y a acceptation.
La solution contraire, demandant à tous de s'inscrire sur un registre d'acceptation pourrait apparaître tentante mais elle se heurte au désir de la majorité de ne pas penser à la mort, à l'après-mort et donc de ne pas inscrire une décision explicite de don. Considérer que peuvent être donneurs tous ceux qui, après information et délai de réflexion, ne se sont pas inscrits sur un registre des refus apporterait des milliers de vies sauvées et n'aurait pas d'inconvénient.
Cela ne heurte aucune éthique ni aucune pratique. D'ailleurs, lorsque quelqu'un décède accidentellement ou comme victime d'un meurtre, le prélèvement d'organes peut-être décidé par l'autorité judiciaire, sans l'autorisation de quiconque, dans le cadre d'une autopsie médico-légale. Ce qui est permis pour connaître la vérité judiciaire serait interdit lorsqu'il s'agit de sauver une vie humaine ?
Enfin, nous devons réfléchir aux besoins des autres, mais aussi de nos proches et de nous-mêmes. La probabilité pour chacun de bénéficier d'une greffe est 2 à 3 fois plus élevée que la probabilité de donner un organe (puisque sur un sujet décédé, 3 organes en moyenne sont prélevés, pour traiter 3 malades différents). Serait-il raisonnable de vouloir bénéficier de ce traitement merveilleux lorsque soi-même ou un proche est malade et de refuser le don lorsqu'un autre en a besoin et que l'on est décédé ? Quand nos organes sont condamnés à une destruction rapide, pourquoi ne pas les offrir lorsqu'il est encore temps, pour sauver des vies humaines ?
La chaîne de solidarité est déjà bien établie, il suffit de l'étendre un peu. Soyons confiants : demain tous sauront à quel point il est noble et gratifiant de donner une partie de soi pour que d'autres guérissent et vivent !
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Chaque année, plus de 4 700 greffes d' organes sont réalisées en France, et on estime que près de 40 000 personnes vivent grâce à un organe greffé. Mais ce sont plus de 14 400 malades qui chaque année ont besoin d' une greffe d' organe. Cette technique médicale est de mieux en mieux maîtrisée, avec des résultats en termes de durée et de qualité de vie en constante progression.
Les situations dans lesquelles une greffe est recommandée sont de plus en plus nombreuses et diversifiées. Le principal obstacle à la greffe est le manque persistant d' organes disponibles, malgré la hausse des prélèvements.
En France, c' est l' Agence de la bio médecine qui gère la liste nationale des malades en attente de greffe, coordonne les prélèvements d' organes ainsi que la répartition et l' attribution des greffons, garantit que les organes prélevés sont attribués aux malades en attente de greffe dans le respect des critères médicaux et des principes de justice, et assure l' évaluation des activités médicales.
Faisons un rêve ! Don d' organes !
Copyright
Photos Bruno Guillaume Artiste
Peintre
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Copyright
Textes Zohra Guillaume
Auteur
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